Financement de la lutte contre le sida
Appel aux donateurs du Sidaction
11 mai 2001 (lemegalodon.net)
PARIS, 11 mai 2001 (Migrants contre le sida)
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Pourquoi la solidarité spectacle ne fait plus d’audimat
À l’occasion de l’opération « 48 heures contre le SIDA » sur TF1, Migrants contre le sida rappelle :
- « Manque de vigilance dans le maniement des fonds », « dysfonctionnements graves », « détournements » : dans ses « Observations de la Cour des comptes sur les comptes d’emploi pour 1994 à 1996 des fonds SIDACTION », la Cour a constaté un certain nombre de dysfonctionnements de l’association Ensemble Contre le Sida (ECS), qui gère les fonds récoltés par cette opération. ECS n’a fourni ni garantie supplémentaire de transparence, ni clarification sur l’utilisation des fonds récoltés. Les associations membres comptaient-elles faire si vite oublier les critiques de la Cour des Comptes ?
- Alors que le sida s’est déplacé en banlieue dès le début des années quatre-vingt-dix, les associations membres d’Ensemble contre le Sida concentrent toujours leurs activités sur Paris. Alors que depuis 20 ans les femmes immigrées, les enfants de l’immigration en bavent sur le front du sida, elles maintiennent leur complicité avec l’immobilisme, le silence, et le déni des pouvoirs publics qui laissent les immigrés et les enfants d’immigrés crever du sida dans la honte et le silence.
- En vingt ans d’épidémie, 15 000 immigrés et enfants d’immigrés sont morts du SIDA dans la Douce France. Les malades les plus précaires, les malades de la banlieue — Français ou Immigrés — ont besoin de moyens à la hauteur des enjeux pour survivre à cette épidémie. Si la solidarité spectacle ne fait plus d’audimat, si le propos télévisé est si creux, cela ne fait que refléter l’état de déliquescence des associations membres d’ECS qui se sont retirés de la lutte contre le sida pour se préoccuper de leur propre survie financière.
Migrants contre le sida appelle :
- les donateurs du Sidaction à conditionner leurs dons sur la démission du Conseil d’administration existant d’Ensemble contre le Sida, responsable des dysfonctionnements et détournements relevés par la Cour des Comptes ;
- les artistes d’origine maghrébine et africaine qui soutiennent Ensemble contre le Sida à s’interroger sur leur participation au Sidaction, alors que moins de 4% de l’argent récolté finance des associations qui travaillent auprès des malades issus de l’immigration (alors que ceux-ci représentent, selon l’Institut de Veille sanitaire, 30 % des malades) ;
- les médias à briser le silence autour de la réalité de l’épidémie et des besoins des malades les plus précarisés, en refusant de relayer le discours bien policé et digeste du Sidaction ;
- les associations membres d’ECS à convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire, à laquelle serait convié l’ensemble des forces en lutte pour survivre au sida, pour débattre de l’utilisation des fonds récoltés pour servir enfin l’intérêt général des malades les plus précaires.
Paris, le 11 mai 2001
Migrants contre le sida
