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Épidémies émergentes | Christine Katlama | Guillaume Leloup | Jean-Michel Molina

Bonne nouvelle : les séropositifs ne meurent pas plus de la grippe A/H1N1 que les autres, jusqu’ici... (avec Jean-Michel Molina)

24 septembre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Ça s’appelle pandemic assault, histoire de vous faire mal aux oreilles pour parler d’un sujet plus que sérieux. Il s’agit de parler des séropositifs avec la grippe A, que nos deux invités Christine Katlama de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière spécialiste des maladies infectieuses et Guillaume Le Loup également spécialiste qui lui exerce à l’hôpital Tenon dans l’équipe de Gilles Pialloux, alors la première nouvelle est plutôt bonne à premier abord. On va écouter Jean-Michel Molina qui nous la livre en 14 secondes.

Début du son.

— Alors il est bien difficile de connaître tous les détails des personnes décédées de la grippe A pour l’instant dans le monde. Dans les pays où les données sont assez fiables, il ne semble pas que les personnes séropositives représentent une catégorie de personnes à risques ayant présenté un décès suite à la grippe A.

Fin du son.

Reda : Alors à priori ça ressemble à une bonne nouvelle, ça veut dire que les séropositifs jusqu’ici pour dire les choses clairement et froidement ne meurt pas plus que les autres à cause de la grippe. Précisions ou éclaircissement de Christine Katlama ou Guillaume Le Loup sur cette question, qu’est-ce qu’on sait sur l’impact de la grippe pour les séropositifs ? Est-ce qu’il y a matière à être rassurant aujourd’hui en tout cas pour certaines catégories de la population des personnes touchées ?

Christine Katlama : Très globalement sur la grippe H1N1, celle dont vous entendez parler dix fois par jour médiatiquement et politiquement puisque c’est devenu un instrument. On ne sait pas grand-chose puisqu’il n’y a pas eu beaucoup de cas, il n’y a pas eu des milliers de gens VIH infectés donc on va bien se garder. Maintenant si on est raisonnable. La grippe, le virus de la grippe ne touche pas plus, c’est ce que je dis aux patients, les gens VIH. Même le temps où ils étaient un peu immunodéprimés, qu’ils ne le sont maintenant, il n’y avait pas... Voilà. Alors les gens qui sont en pleine maladie aiguë sida, maintenant qui ne dure pas, dont la charge virale n’est pas contrôlée, dont les défenses sont très basses, font toujours partis des gens un peu immunodéprimés. À l’heure actuelle en France ou 90% des gens sous traitement ont un virus contrôlé, j’insiste parce que tout à l’heure madame disait « on vit avec la maladie », on ne vit pas avec la maladie, on a une infection comme il y a beaucoup d’infections, c’est quelque chose qui est contrôlé. Donc le risque en tout cas jusqu’à présent n’est pas plus important. Maintenant c’est vrai que les gens VIH sont particulièrement inquiets, on le voit, dès qu’ils sont malades, ils viennent à l’hôpital, pas forcément le médecin généraliste donc voilà, les recommandations ont fait chacun avec ce que l’on pense si on veut se prémunir eh bien, autant se vacciner.

Reda : D’accord, Guillaume Le Loup, sur cette question de surmortalité, des risques particuliers pour les séropositifs.

Guillaume Le Loup : Je crois qu’effectivement le maître mot c’est prudence dans l’analyse des situations. À la fois dans la situation actuelle parce qu’on manque de reculs, de données et dans les situations passées parce que finalement quand on regarde assez peu d’études ont été consacrées à ce sujet des relations entre le VIH et la grippe donc on sait finalement peu de choses. Mais dans ce contexte qui reste assez flou, le maître mot ça reste prudence vis-à-vis de nos patients, c’est-à-dire que conformément aux recommandations des experts qui ont récemment été publiées, faut le répéter et offrir les moyens de préventions dont on dispose aujourd’hui contre un virus qui peut malgré tout, parce qu’on ne sait pas tout encore de cette interaction, les toucher éventuellement sévèrement comme d’ailleurs le reste de la population.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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