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Épidémies émergentes | Christine Katlama | Guillaume Leloup

Mauvaise nouvelle : Les séropositifs dont l’infection VIH n’est pas contrôlée sont plus à risque face à la grippe A/H1N1 (Christine Katlama)

24 septembre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Sur le site seronet ce témoignage : « Je suis séropositif, j’ai été hospitalisé pendant 6 jours avec la grippe H1N1. Je sors de l’hôpital et franchement pas agréable cette grippe. 6 jours de fièvre intensive et 3 jours d’aide respiratoire, car on a du mal à respirer et donc on s’affole, la tension augmente. Ça donne des sensations de malaise et à cause de la fièvre, il est difficile de trouver suffisamment d’énergie pour respirer mais le médicament tamiflu est efficace. Il y a un an et demi j’ai eu la grippe normale et sérieusement elle était bien pire. J’ai été jusqu’au convulsions, 3 semaines HS et hospitalisé d’urgence. L’important c’est de la prendre à temps je pense. De plus je n’ai pas une bonne charge virale, très peu de CD4 mais malgré ça, ça été. Mais après chacun est un cas à part » . Est-ce que, docteur Christine Katlama et Guillaume Le Loup vous pouvez un peu décoder, qu’est-ce qui c’est passé, qu’est-ce qui est arrivé à ce patient, cette personne, est-ce que c’est lié à son historique ? Est-ce que par exemple les personnes qui ont eu des gros problèmes respiratoires, de pneumocystose ou autre chose dans leur parcours de vie de séropositif ? Est-ce que c’est lié ou pas au fait de prendre un traitement, d’avoir des bons ou des mauvais CD4 ? Comment est-ce que vous pouvez nous aider à comprendre ce témoignage ?

Christine Katlama : D’abord je pense que c’est difficile de faire de la médecine à la radio, par micro interposé mais globalement ce monsieur dit qu’il a une infection VIH pas contrôlée avec une réplication, avec une activation immunitaire, avec de l’inflammation tout ça. Ce sont des mauvaises conditions pour qu’un virus, quand un autre virus arrive, les choses se passent bien. Donc les catégories de gens qui sont VIH et dont l’infection VIH n’est pas du tout contrôlée, qui représentent de l’ordre de 10%. Eh bien ces gens là sont plus à risques, donc il a eu la grippe l’année dernière, très clairement il est recommandé que si, en gros on dit l’ensemble des VIH, c’est bien qu’ils soient vaccinés, voilà. Ceux qui sont à grande immunodépression ou à virus non contrôlé sont encore, ou âgés, ou qui ont une cause, sont fortement fortement fortement incités à se faire vacciner. Vous voyez, il y a 2 nuances. Maintenant ces cas de pneumocystose non ça, pas de pathologie chronique mais bon tabac, plus plus, de l’ordre des plus de 50% des séropositifs fument, voilà. Ils ont beaucoup d’autres facteurs de risques qui ne doivent masquer la séropositivité VIH. Le reste, c’est souvent là.

Reda : Alors Sandra est branchée sur le site survivreausida.net, est-ce qu’il y a des questions pour Christine Katlama et Guillaume Le Loup, 2 médecins spécialistes des maladies infectieuses.

Sandra : Oui alors il y a Ben de Valenciennes et Jennyfer qui sont connectés. Alors Ben salue madame Katlama, il est heureux de constater qu’elle est toujours dans la lutte contre le sida. Une question qui s’adresse à vous deux : « Est-ce qu’il y a des effets secondaires avec le vaccin grippe A et dois-je faire par ordre de priorité pneumocoque après grippe A et après grippe saisonnière, mon corps va t-il supporter et serais-je obligé de le faire tous les ans car je n’ai jamais fait de vaccin ? »

Christine Katlama : Le corps peut supporter plein de choses, quand on a un enfant, un bébé, on leurs fait polio, on leur fait tout, 4 vaccins, voilà, les bactéries des virus. Donc le corps il peut supporter donc voilà globalement les recommandations et tant mieux si finalement cette grippe rappelle aux séropositifs ou pas qu’il est important de se faire vacciner, contre les choses un peu rare, mais pas si rare que ça, comme la coqueluche. Le pneumocoque aussi car effectivement, des gens séropositifs qui ont CD4 à moins de 500 ils sont à un petit risque, bon on a pas dit à des millions de cas mais bon...

Reda : Ce risque pour le pneumocoque ?

Christine Katlama : Oui parce-que voilà, une immunité normale c’est pas 350 CD4, donc voilà et comme on a la chance d’être dans des pays riches, qui ont des vaccins, j’ai toujours du mal à imaginer qu’on ne se vaccine pas par simple voilà... Maintenant l’intolérance, à priori il n’y a pas de différence de tolérance entre le VIH et pas le VIH. Maintenant un vaccin ça provoque toujours une petite réaction immunitaire, voilà un petit peu de fièvre mais en général bien moins que la maladie elle même.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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