France Lert | Homosexualité | Pouvoir médical
L’enquête VESPA de France Lert, un questionnaire pour améliorer la vie des personnes séropositives
19 février 2010 (lemegalodon.net)
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Reda : Sofi et Zina ont préparé des questions parce que ce qui nous intéresse c’est de faire connaître auprès des auditeurs de l’émission survivre au sida, en quoi consiste cette enquête VESPA, quelle peut être son intérêt, sa pertinence pour les personnes séropositives ? Déjà expliquer ce que c’est et comment ça marche et un petit peu à quoi ça sert. Je passe la parole à Sofi et Zina.
Sofi : Comme tu l’as dit Reda, on va déjà demander, enfin, on va déjà remercier France Lert d’être venue à l’émission et de participer à l’émission et puis lui demander de se présenter et puis de présenter un peu ce que c’est l’enquête VESPA à tous les auditeurs qui n’ont pas forcément entendu parler de ça puisque, à part si on a vraiment répondu à l’enquête, il y a peu de moyens d’accéder à cette information.
France Lert : Je suis chercheur à l’Institut de la Santé de la Recherche Médicale. Donc je dirige une unité d’épidémiologie de santé publique. Et au début des années 2000 quand sont affirmés les résultats thérapeutiques et extrêmement positifs, apportés par les trithérapies, on s’est dit que ça ne servirait pas à grand chose de gagner des années de vie, si ce n’était pas des années de vie pleines, des années de vie dans lesquelles ces jeunes adultes qui sont infectés par le VIH vont pouvoir mener une vie la plus normale possible, dans le domaine du travail, dans le domaine de la parentalité, dans le domaine de la vie sexuelle et de la conjugalité, et donc on s’est dit qu’il fallait savoir où est-ce qu’on en était, regarder quelle était la situation sociale des personnes qui vivent avec le VIH, mesurer les inégalités et bien sûr donner des clés pour corriger ces inégalités donc tout l’esprit de l’enquête VESPA, telle qu’on l’a réalisé la première fois en 2003, on est en train de la reproduire pour l’année 2010. Et, la lutte contre les inégalités et l’amélioration de la santé des personnes qui vivent avec le VIH et quand on dit la santé ce n’est pas juste avoir une maladie, bien contrôlée et bien gérée mais c’est aussi avoir la vie qui va avec. Donc l’idée de VESPA c’est de faire le pont entre les résultats médicaux et la vie sociale des personnes.
Sofi : Et quand vous parlez d’inégalité, vous parlez des inégalités entre personnes touchées c’est-à-dire entre selon qu’elles soient homosexuelles, hétérosexuelles, des origines sociales différentes, des...
France Lert : Oui ce qui nous intéresse, ce sont les inégalités sociales, c’est-à-dire en fonction, il y a des inégalités qui sont liés au niveau de l’éducation, parce que, l’éducation ça donne un accès à l’information qui est plus facile, ça donne un rapport avec le monde de la médecine qui est facilité et qui est plus équilibré que quand on a des niveaux d’éducation plus faibles. Justement, il s’agit de les corriger, il ne s’agit pas de dire, c’est inégal, c’est normal. Donc dans le domaine de la santé l’inégalité ce n’est pas normal. Donc il faut tout faire pour la corriger. Donc on s’intéresse aux inégalités liées aux niveau d’études, aux situations d’emploi, aux parcours migratoires, parce que, les personnes immigrées, qui sont diagnostiquées, peu de temps après leur arrivée, elles affrontent une multitude de problème simultanément, et ça peut être générateur, d’inégalité durable, c’est très très important, de le corriger, notamment dans les services de soins, en offrant des services sociaux, qui vont permettre aux gens de surmonter cette vulnérabilité. Et donc bien aussi des différences entre les homosexuels et les hétérosexuels, qui ne sont pas liées au fait qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels, mais qui sont liées au fait que la composition sociologique, de la population homosexuelle d’une part et de la population hétérosexuelle d’autre part, sont un petit peu différentes. Il y a aussi des inégalités dont on n’a pas parlé là, qui sont les inégalités de sexe. Les femmes, sont quand même dans des situations beaucoup plus difficiles, d’une part, parce que le rapport des femmes à l’emploi, est moins bon d’une façon générale dans la société française, d’autre part, il y a beaucoup de femmes qui vivent seules avec des enfants, ce qui est à la fois un facteur de difficulté économique importante et de difficulté d’accès à l’emploi, donc on essaye de bien caractériser toutes les populations qui ont des difficultés sociales, en se disant qu’il est absolument essentiel de fournir des services de toute nature, qui sont ou bien des aides ou bien des facilitations pour rentrer dans des procédures qui permettent de bénéficier d’un certain nombre de services. Donc il est absolument essentielle de souligner ça, de façon à ce que ces services soient mis en place. Et d’ailleurs dans les recommandations de pratique qui ont été mises en place en 2008, le rapport Léni, dont vous avez certainement déjà parlé. Il y a maintenant un chapitre qui s’appelle des conditions sociales pour un succès thérapeutique. On est assez fier finalement d’avoir poussé à l’introduction d’un chapitre social dans les recommandations cliniques. Et donc je pense que cette année, on va à nouveau mettre l’accent sur cette dimension.
Transcription : Sandra Jean-Pierre
