Maison des familles | Drogues et réduction des risques (RDR) | Laurent Gourarier | Pôle Qualité de Vie et Éducation Thérapeutique | Zina
Micro-trottoir dans les rues de Paris : Cocaïne ou Cannabis, comment choisir (avec Laurent Gourarier)
2 avril 2010 (lemegalodon.net)
2 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
-
Écouter: Micro-trottoir dans les rues de Paris : Cocaïne ou Cannabis, il faut choisir (avec Laurent Gourarier) (MP3, 3.6 Mo)
(Début du son)
Alissa : Est-ce que vous pouvez me citer des noms de drogues ?
— : LSD c’est ça ? LSD c’est tout ce que je connais. Cocaïne, Marijuana…
— : Cocaïne, LSD, cannabis…
— : L’alcool…
— : Héroïne…
— : Cocaïne, héroïne, crack, les « shoots » normaux, les joints tout ça, cocaïne tout ça, j’en ai entendu parler, j’ai jamais utilisé un truc comme ça.
— : La beuh, le shit, l’ecstasy… l’ecstasy c’est une drogue ou pas ?
— : Pour vous ouais, ça peut être une drogue (rires). La coke…
— : Le crack…
— : Le LSD.
— : Il y a le shit, la cocaïne, le haschisch, bah c’est tout…
— : Il y en a plein : y a la cocaïne, y a le shit, y a la beuh, l’héroïne…
Alissa : Entre cannabis et cocaïne, lequel choisissez-vous ?
— : Drôle de question… le cannabis.
Alissa : Pourquoi ?
— : Parce que c’est la moins dangereuse. Je ne sais pas… c’est une drogue douce.
— : Le cannabis bien sûr, elle est moins forte.
— : Je ne vais pas choisir entre les deux, parce que c’est un truc mortel, moi je n’ai jamais essayé.
— : Le cannabis.
— : C’est plus doux, non ?
— : Ben ouais, vue que la cocaïne se sniffe, ça va directement dans le sang, donc théoriquement c’est plus fort…
— : Bon, ça serait le cannabis, elle est plus douce que la cocaïne qui est une drogue très dure.
— : j’aurais dit le cannabis, la cocaïne ce n’est pas bon du tout.
Sully : Entre cannabis et cocaïne, laquelle est la plus risquée ?
— : Cocaïne.
Sully : Pourquoi ?
— : À mon sens, elle est plus dangereuse, au sens où elle est plus forte, et plus nocive directement.
— : Cocaïne aussi, mais je pense que le cannabis c’est quand même nocif, ça crée une dépendance, je crois qu’au niveau neurologique c’est quand même assez grave.
— : Cocaïne, bien sûr. La plus dangereuse, je pense.
— : Celle qui coûte plus chère que l’autre. Je ne sais pas laquelle.
Sully : quels sont les risques encourus par les consommateurs de cocaïne d’après vous ?
— : Pour moi, c’est plus lié à des risques d’overdose.
— : Une désintégration du cerveau peut-être ! (rires)
— : Il doit y avoir des problèmes aussi au niveau du nez, non ? Vue qu’ils sniffent et tout, ça doit attaquer les parois nasales, il doit y avoir un truc avec ça aussi, mais après… Je ne sais pas, peut-être au niveau du cœur aussi ?
— : Déjà, d’être addict, c’est-à-dire de ne plus pouvoir s’en passer, d’avoir des hallucinations etc…De ne plus être du tout dans la réalité. De planer, mais d’être complètement déconnecté de la réalité.
— : Ils peuvent avoir peur pour leur avenir, leur vie aussi, leur santé.
— : L’accoutumance surtout, et une dépendance à la drogue, et des risques aussi… psychologiques.
(Fin du son)
Reda : Un micro-trottoir autour de la cocaïne, avant de parler du VIH et des drogues de manière générale, question posée dans la rue mais qui nous renvoie à des discussions qu’on a au Comité des Familles. Les drogues sont liées à l’histoire du sida, de plein de façons différentes. Mais d’abord, peut-être avant de vous expliquer comment et pourquoi le Comité des Familles organise ce jeudi soir, donc jeudi 1er avril à 19 heures, un atelier sur le thème cocaïne, VIH et antirétroviraux, avec notre ami Laurent Gourarier qui est ici avec nous, simplement lui demander d’abord justement ce qu’il entend dans ce micro-trottoir.
Laurent Gourarier : J’entends des gens qui parlent le plus librement possible, il est bien fait ce micro-trottoir. N’empêche qu’il y en a quand même un qui dit « j’en ai jamais pris » (rires). Donc, si vous voulez c’est difficile de parler de choses qui sont interdites, qui sont taboues. En réalité, l’usage de drogues est un truc qui fait partie de la norme sociale. Quand vous y réfléchissez, il n’y a pas un événement en France qui ne soit pas salué par de l’alcool. Il n’y a pas de cérémonie religieuse sans consommation de drogues en France dans les religions qui sont majoritaires. Ça fait partie de la norme, les consommations de drogues, et en même temps, c’est tabou parce que ça peut faire péter les plombs… quelqu’un disait que ça pouvait « manger le cerveau » ?
Reda : « Détruire le cerveau ».
Laurent Gourarier : « Détruire », « désintégrer », « faire exploser le cerveau » Bon. La réalité est un peu entre les deux. Et puis, il y a un truc qui s’appelle la cocaïne, qui est une espèce de grand truc non-dit. Alors, ça se répand partout. Mon fils a vu passer de la cocaïne dans des soirées où il va alors qu’il est mineur. Il y en a plein. On ne sait pas exactement ce que ça fait, pour être honnête. C’est-à-dire qu’on ne compte pas les morts par cocaïne. C’est un truc important ça : dans notre pays on ne sait pas comment on compte les morts par cocaïne. On ne sait même pas comment les gens meurent par cocaïne. Il y a des recherches qui sont actuellement menées dans des urgences de plusieurs hôpitaux parisiens, mais on ne sait pas ce que ça fait exactement. Il y a des choses qui sont certaines, c’est que ça ne rend pas les gens discrets, et ça ne rend pas les gens non-violents. C’est utilisé comme un dopant. Puis le reste on verra bien le 1er avril, les gens qui voudront en parler avec nous seront les bienvenus, et puis on discutera un petit peu de ce que ça fait. C’est sûr que ça interagit avec les traitements.
Reda : C’est toujours difficile. Zina a eu beaucoup de courage, puisqu’elle a accepté de préparer l’atelier. Et la seule fois où on a fait un atelier autour du cannabis et alcool et tabac, avec Laurent Gourarier, les 4 ou 5 personnes qui sont venues, c’étaient toutes des personnes qui ne fument pas de joints, qui ne fument pas de cigarettes et qui ne boivent pas d’alcool… Et les plus concernés, en fin de compte, il y avait un truc paradoxal qui faisait que c’était difficile de venir dans le cadre du Comité.
Ali : Ben, ce n’est pas le cas, parce qu’en l’occurrence moi, au travers de ce que j’entends et tout ça, je revois les rapports que j’ai eus aux différents produits, et en l’occurrence la cocaïne… et encore une fois c’est une « histoire d’historique », alors là c’est médical… Dans l’historique au début c’était plus « les milieux bourgeois » qui consommaient, bon… en 1950 même les médecins prescrivaient la cocaïne pour certaines pathologies, bref… Et après, l’héro a débarqué en masse fin 1980, à l’inverse des Etats-Unis où c’était beaucoup la coke. Après, il y a la coke qui a remplacé l’héroïne, après avec les traitements de substitution, et pour le coup ça s’est un peu plus démocratisé. Mais après, il y a beaucoup d’autres choses à dire… Par exemple, il parle de sinus. Bon, les sinus, certes…les deux meneurs des Rolling Stones là, ils sont allés se refaire les sinus en platine parce qu’ils se sont flingués les sinus avec de la coke. Moi, je la shootais, donc un contact explosif au niveau de la tête. D’ailleurs, j’ai fait plus de 40 overdoses avec l’héroïne, alors qu’avec la cocaïne, tu crèves, c’est un arrêt cardiaque.
Reda : Zina, quand tu as appelé les personnes pour les appeler pour cet atelier, est-ce que tu n’as pas eu ce truc « pourquoi tu m’appelles moi ? », est-ce que les gens qui ont un passif par rapport à l’usage de drogues – pas forcément la cocaïne même y compris au sein du Comité des Familles, n’ont pas une gêne ou un tabou par rapport à ces questions ?
Zina : Déjà de ma part, pour certaines personnes, je me suis sentie pas obligé, mais si presque, de préciser « bah voilà ce n’est pas parce que tu es concerné que je t’appelle, ça peut être très intéressant comme sujet… ». De moi-même, j’ai eu cette appréhension que ça puisse être mal pris.
Reda : Et dans les faits ?
Zina : Non ça va. Ah, si – je ne sais plus qui, mais pour plaisanter en fait - quelqu’un qui m’a dit « Tiens, pourquoi t’as pensé à moi ? ». Mais bon, dans la rigolade.
Transcription : Yentl Coubes.
Forum de discussion: 2 Messages de forum
-
Micro-trottoir dans les rues de Paris : Cocaïne ou Cannabis, comment choisir (avec Laurent Gourarier)
bonsoir moi maman d un fils de 23 ans qui se drogue depuis l age de 15 ans je n ai rien vu venir extasy cok hero etc j en passe beaucoup là mon fils est très mal un AVC récemment le 2 mai je trv en psy quelle fut ma surprise en rentrant de mon trv la soit disant féte a fini par un déces une jeune fille de 26 ans et mon fils un AVC je me bats seule contre ce fléau de drogue j ai dénoncer mon fils a la suite de 2 overdoses ensuite suivi médical et traitement de sub que c est il passé le week end du 1 mai je ne sais pas un décès mon fils entre la vie et la mort influençable et mal dans sa peau car maladie génétique depuis l age de 15ans pourquoi nous je n en peux plus l affaire est en cours donc secret j en ai marre de me battre seule car je suis divorcée et ne sais plus quoi faire mon fils veut rejoindre son amie décédée mais personne ne m a compris avant quand je lançait des SOS il faut qu il y ai un décès pour que l on fasse une enquète que c est triste la vie de con aidez moi une maman en peine
-
Micro-trottoir dans les rues de Paris : Cocaïne ou Cannabis, comment choisir (avec Laurent Gourarier)
bonjour, Tout d’abord je vous souhaite beaucoup de courage, rapprochez vous d’associations, vous y aurez des conseils, un soutien, une ecoute et dialoguer beaucoup enormement avec votre fils, repetez lui que vous l’aimez, si vous le pouvez changer d’air avec lui. Il y a longtemps j’ai connu un jeune garcon eronimane, il est le pere de mes enfants nous sommes aujourd’hui divorces... A l’epoque des que j’avais le dos tourne il se prenait un fixe, et uand il voulait arreter il y avait toujours un bon copaine pour lui en faire cadeau... Ca pas ete facile, j’ai arreter mon boulot pour etre 24h/24 avec lui, on as fait des brocs, les marches, des qu’il y avait une dose a la maison je le sentais et je la trouvait, a cote de ca je lui ai donner et prouver tout l’amour que j’avais pour lui, on as beaucoup bouger voyager, on vivaient nos reves, les dealrs qui le coursaient je suis aller voir ces grandes gueules un par un en leur disant que si ils voulaient etre payes il fallait qu’ils passent par la justice et que si il le souhaitaient on irait porter plainte ensemble lol ! je leur ai dis que si X etait encore une seule et unique fois emmmerdee je les buttais, c’etait pas mon style mais je l’aurai fait sans hesitation et aucun remorts, ca devait se voir et il n’a plus ete emmerde bref ! le pere de mes enfants a arreter la came sans aucun medicament, je ne voulais pas qu’il arrette une drogue pour en prendre une autre et nous y sommes arrives ensemble avec de l’amour et des projets, avec le meme traitement son epatite C a aussi totalement disparue, tpout ca pour dire qu il faut garder espoir, si votre fils est comme cela c’est qu’il a mal, ne lui reprochez rien surtout ca c’est important je pense ?
-
Micro-trottoir dans les rues de Paris : Cocaïne ou Cannabis, comment choisir (avec Laurent Gourarier)
